Il y a des débats qui reviennent comme un courant d’air froid dès que les conditions changent. Dans le petit monde de la montagne, l’un d’eux tient en une question : peut-on grimper une voie d’été en hiver, avec crampons et piolets, sans abîmer le rocher, ou l’éthique ?
La question m’arrive un mardi, par message, de la part de Pierre Fornes, guide de haute montagne basé à Briançon. Quelques jours plus tôt, il est allé parcourir la Fissure d’Ailefroide, grande classique de la vallée. Pierre et son compagnon de cordée avaient repéré la ligne la veille. « On s’est demandé si ça se faisait en hiver. Les conditions avaient l’air bonnes, avec suffisamment de glace, de touffes gelées… Et puis, on n’avait pas beaucoup de temps. L’accessibilité du lieu et l’absence de topo nous ont attirés. »
L’enthousiasme se double d’un doute. Et si cela laissait des traces
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