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Comment résumer les années 2010 ? Il y eut beaucoup de belles premières. Des montagnes sauvages et pourtant domptées. Des histoires de cordées magnifiques et internationales, l’alpinisme n’aime pas le repli. Des ascensions solitaires ébouriffantes. Des pertes, aussi. Alors voici la première partie de notre modeste bilan de l’alpinisme des années dix.

Une histoire de cordée : il y en aura plein, des belles, dans cette décennie. On pourrait pointer les enchaînements ultra techniques dans les Alpes il y a dix ans à peine, enchaînements hivernaux devenus rares, comme si les alpinistes étaient toujours plus pressés. Rappelons la Super Intégrale de Peuterey (Patrice Glairon-Rappaz, Patrick Pessi, Stéphane Benoist puis la cordée Aymeric Clouet, Pierre Labbre et Jérôme Para en 2011), ou encore la Super Trilogie (voies directes à l’Eiger, Cervin, Jorasses) par P. Glairon-Rappaz et Cédric Périllat. Symbole de ces super cordées, le GMHM. Impossible de citer toutes les ascensions du Groupe Militaire de Haute Montagne de ces dernières dix années. Mais commençons par le meilleur : la traversée de la Cordillère de Darwin, en 2011. Une aventure totale, alpinistique, exploratoire de 35 jours et de 160 kms pour traverser la chaine de montagnes inconnues à l’extrême sud du Chili, en octobre 2011, réussie par Lionel Albrieux, Didier Jourdain, Sébastien Bohin, François Savary, Dimitri Munoz et Sébastien Ratel. Le GMHM aura aussi d’autres superbes réussites : citons le Kamet en 2012, le Changabang en 2018, qui a été la première répétition d’une des faces les plus techniques de l’Himalaya.

L’Annapurna d’Ueli Steck.

À l’aube de la décennie, Ueli Steck n’est plus (du tout) un inconnu : il a déjà à son actif un record d’ascension des trois faces nord (Eiger, Cervin, Jorasses) depuis 2009, dont un record de la face nord de l’Eiger en un temps extrêmement rapide, record que lui ravira en 2011 son compatriote Dani Arnold (2h28), record repris par Ueli ensuite. En 2008, de passage à Chamonix, The Swiss Machine a rayé la face nord des Grandes Jorasses par les goulottes McIntyre en deux heures et 21 minutes, à vue. En solo bien sûr.

Ueli Steck est sans doute l’alpiniste phare des années 2010 : adulé, il réalise des solos époustouflants de maîtrise dans les Alpes et se tourne vers l’Himalaya. Son ascension de la face sud de l’Annapurna en octobre 2013 est sans doute la plus grande ascension en solo de la décennie – sauf que le Suisse n’a produit aucune preuve du sommet, et cette ascension est à juste titre remise en doute. Le Suisse a t-il réalisé son rêve d’Himalaya, ou comme Cesen avant lui, a t-il délibérément menti ? On ne le saura sans doute jamais. (…)

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