À chaud

Il se dit qu’on y voit plus clair en altitude.
Une question de densité de l’air et de dispersion des poussières.
C’est ce que disent les scientifiques.
Ça doit se jouer dedans aussi. Quelques poussières en moins. De la légèreté en plus.
C’est après l’accolade du sommet et les pièges de la descente que la clarification opère. Il y a ce savoureux fouillis ; la tension s’adoucit, la fatigue émerge, l’euphorie de la réussite un peu, le bonheur d’être ensemble et en vie, beaucoup. Tout cela se mêle et offre un prodigieux sentiment de vision nette. Les scientifiques, pour qui tout s’explique, disent qu’on tient là un effet cocktail détonnant ; anxiolytique, antalgique, excitant, un tiers de chaque pour des endorphines qui ressemblent furieusement à l’opium. Nous, dont le laboratoire est la vie, préférons croire que cette magie provient des lieux, quelque chose du ciel et de la terre,

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