fbpx
@

Fin décembre 2019. Une étrange épidémie s’est déclarée en Chine. Rien de bien alarmant, pense-t-on alors. D’abord, Wuhan, c’est où ? Et ici en France, on est bien équipés question santé… A ce moment-là, l’important pour nous c’est l’inscription de l’alpinisme au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité (PCI)  Éclose lors d’une soirée festive à l’issue du Piolet d’Or 2009, cette idée de faire reconnaître l’alpinisme au PCI a demandé du temps et de l’énergie pour aboutir. Pour Claude Gardien, l’un de ses initiateurs, ce texte signé par la France doit servir aujourd’hui à faire respecter l’alpinisme, et aider tous ceux qui sont confrontés à des menaces visant à restreindre notre liberté de pratique, dans l’espace et dans l’esprit. Rendez-vous au Chamonix Film Festival, le dimanche 13 juin, avec une conférence débat sur ce thème au Plan B, avec la présence de Claude Gardien.

Fin mars 2021… Nous avons rendu notre premier rapport d’activité au Ministère de la Culture. Pas de bol, ces rapports ont lieu tous les six ans, et ça tombe sur nous un an après l’inscription… Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir raconter ?

Comme d’habitude avec l’UNESCO, il faut apprivoiser les questions… et finalement, comme onze ans auparavant, on se rend compte qu’on peut cocher les cases.

Très vite alertés par des atteintes au « libre accès à la montagne », principe fondamental garanti par les États signataires énoncé en préambule des « mesures de sauvegarde » identifiées dans le dossier d’inscription, nous nous sommes intéressés aux conditions d’accès à différents massifs où des manœuvres plus ou moins pressantes risquent d’entrer en collision frontale avec le texte UNESCO, porté par la France, l’Italie et la Suisse, et ratifié par 178 pays.

Aux côtés de cette liberté de pratiquer en dehors des sentiers balisés, qui est l’essence même de l’alpinisme, une alerte d’un autre type est venue du côté de l’Oisans, avec un projet d’extension des remontées mécaniques de La Grave, sur un glacier (denrée condamnée à devenir rare, donc plutôt à conserver aussi longtemps que possible…) qu’on aurait plutôt aimé rester vierge. Ce projet entre en résonance avec un danger identifié dans le texte UNESCO, celui de la « banalisation des terrains de pratique, suite à des équipements intrusifs : routes, remontées mécaniques »).

Pendant ce temps, sous notre nez, dans le massif du Mont-Blanc, l’État s’était mis en tête de réguler les « flux anthropiques » qui encombrent la voie normale du mont Blanc par la création d’un Arrêté de protection de l’habitat naturel (APHN). (…)

. . .

Copy link