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Il n’y a souvent qu’un ou deux chemins qui parcourent ses djebels. Mais il y toujours quelqu’un. A l’image de l’Himalaya, à quelques milliers de mètres d’altitude près, on peut souvent se croire seul dans les montagnes du Rif marocain. Jusqu’à tendre l’oreille et entendre un berger grogner sur ses chèvres dans un talus improbable. On pourrait y croire la vie restée en bas, jusqu’à apercevoir la fumée sortir d’une cheminée rouillée, dépassant elle-même d’une cabane incrustée dans la roche. On pourrait imaginer la terre trop ingrate pour laisser pousser quoi que ce soit, jusqu’à humer l’odeur de la Marie Jeanne qui pousse, bien grasse, aux bons soins de ses discrets éleveurs. Le kif du Rif.

Ici, comme dans la nuit noire mais sous un soleil de plomb, l’oeil doit s’habituer à la sensation de vide. Ce n’est qu’après quelques secondes, à fixer un point dans l’espace, qu’apparaissent des détails, invisibles au premier abord, en périphérie de la rétine. Après un temps d’acclimatation, la montagne s’anime. Se remplit. Ouvre ses portes et ses accès. A condition de prendre le temps de regarder. A condition aussi d’accepter d’avancer hors sentiers balisés. Le chemin ne se révèle qu’aux yeux froncés, aux paupières plissées, aux pupilles dilattées par la curiosité. Et aux amateurs de pas de côté.

Ce sont des montagnes sans chemins
mais pas sans passages

Ce sont des montagnes sans tourisme, mais pas sans hommes. Parcourir le Rif c’est y prendre le temps et s’y enfoncer à travers les forêts denses, s’y abandonner et hûmer l’air d’un espace non aménagé. Où la marche ne s’appelle pas encore randonnée. Où les sommets demeurent encore des pointes peu courtisées.

Ce sont des montagnes sans chemins mais pas sans passages, discrètes mais pas sans atouts. Des montagnes sans slogan mais pas sans fierté. Sans chichis surtout. Peut être en connaissez-vous d’ailleurs, dans les Alpes ou ailleurs ? Mais une fois n’est pas coutume, gardez-les précieusement pour vous.

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