Votre mot de passe vous sera envoyé.
ABO ESPRESSO

Marco Olmo, la légende de l’UTMB La folle histoire de l'UTMB #5

Sommet autoproclamé du trail, l’UTMB enflamme ses aficionados, plus nombreux que jamais – et ses détracteurs. Quelle machine va remporter l’ultra mythique en 2019 ? La question était superflue quand un vieux, un croûlant au T-shirt fatigué, un certain Marco Olmo s’alignait au départ. Un seigneur de la course à pied, la légende de l’Ultra Trail du Mont Blanc à lui tout seul. Suite et fin de notre feuilleton UTMB par notre trailer alpin maison, Julien Gilleron. 

Au rayon sport, les vidéo clubs offraient quelques perles. Entre nanars et X, on effleure Full Contact, Chariots of Fire ou White men can’t jump. Quand l’objet tombe à nos pieds, ça fleure l’épiphanie : pas de doute, le DVD cause running. Le sac, le short, bingo sur le trail. Attends…ce regard inoubliable ? Mâchoire grise, Clint Eastwood agricole – et peu commode. Dossard N°01, Marco Olmo, c’est marqué dessus. Il Corridore* ! 2010 signait un reportage pour 52’ de plongée dans la vie d’un champion à la Zola. Quand l’ultra trail raconte l’existence, aussi chienne qu’elle sait l’être. Lui, c’est Marco Olmo, 70 printemps et roi taiseux. Parti de rien et élevé rang de légende ultra, parti vieux et écrasant les jeunes. C’est une histoire non romancée. Toute ressemblance avec des personnages ayant réellement existé est volontaire : Marco Olmo, Monte Christo tendre qui se fit seigneur du Mont Blanc. A la force pure. 

Courir est une affaire sérieuse.

« Amour, souffrance, revanche ». La jaquette annonce la couleur. Loin des mandolines et de la truffe blanche, ici à Alba, il faut bosser lorsque l’on vient de peu. Marco le sait, pas la peine de lui inculquer – la vie s’en charge. Le sport ? luxe de riches, d’oisifs ou de cols blancs. Le Piémont Rital est beau, mais il reste besogneux. Et Olmo restera avare de mots, sauf cette phrase qui restera toujours : « Dans la vie, je suis vaincu. Je suis né pauvre et je suis encore pauvre. Je cours pour me refaire. Je cours par vengeance ». Un ange passe et se fait fusiller. Il n’y aura pas de conte de fée, de petit prince du trail ou de berger heureux trottant dans ses alpages. Marco Olmo a 20 ans, et pas bien le temps de s’amuser. Un peu de foot et quelques foulées, mais la vie c’est la terre. Puis elle devient l’usine, la route, le camion. Vous parliez de fractionné ? La dureté est banale, l’économie dans tout. Rien de prédispose Olmo à rien (…) La suite pour les abonnés.

. . .