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Alpiniste, himalayiste et surtout passionné du Népal où il a construit une famille, Henri Sigayret n’est plus. Il est décédé à 87 ans, riche d’une vie de passions guidées par la montagne, du grand Oisans sauvage au Khumbu.

C‘est un personnage hors du commun qui vient de disparaître. Henri Sigayret est décédé dimanche dernier, en France, où il était revenu après avoir vécu longtemps au Népal. Surnommé Sherpasig, Henri Sigayret a grimpé des sommets de 8000 mètres, il a fait la seconde ascension française de l’Annapurna en 1979. Il a changé de vie à la retraite, pour vivre dans un village d’altitude, dans le Népal misérable, fondant une famille et se mariant avec une sherpani, Danzee, rencontrée lors d’une marche d’approche. Henri Sigayret n’a pas fait grand-chose comme tout le monde, et a promené sa curiosité et son regard d’alpiniste et d’homme d’un continent à l’autre, sans jamais idéaliser l’un ou l’autre. Le Fainéantas, comme l’appelait son père instituteur car il était réfractaire à l’école, a trouvé à l’adolescence un domaine qu’il lui plaît, l’alpinisme. Corde en chanvre autour de la taille – on est dans les années 50 – godillots aux pieds, il écume les parois isolées de l’Oisans, avec entre autres Pierre Girod, écumant le très sauvage versant Bonnepierre du Dôme des Écrins. Déjà attiré par un bout du monde, en l’occurrence St-Christophe-en-Oisans, et la Bérarde. Adulte, il quitte sa première vie – réussite professionnelle et trois enfants – et vit autrement, ailleurs. À quarante ans tassés

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