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Cédric Gras fait partie de ces écrivains-voyageurs qui se baladent moins pour raconter leur périple que pour faire revivre celui de l’Histoire. Au travers des frères Yevgueni et Vitali Abalakov, l’auteur nous embarque dans un voyage multiple et passionnant, qui en dit long sur l’alpinisme, la liberté, la résistance et surtout, la résilience.

On prend ce que l’on veut dans ce livre, mais le mieux est encore de tout dévorer. Avec ces multiples facettes, ces Alpinistes de Staline, écrit par Cédric Grasest à la fois un roman historique, un récit de voyage, une biographie et un essai, des années 30 à nos jours.

Un roman historique d’abord où les amateurs d’histoire voudront en savoir plus sur l’alpinisme au temps de la Terreur stalinienne. La plongée dans les tréfonds de la répression est vertigineuse. Plus encore que les sévices et le goulag, c’est le fonctionnement du totalitarisme, par le prisme des frères Abalakov, qui sidère. Emigrés de la lointaine Sibérie vers le cœur battant de Moscou, Vitali, l’ingénieur s’y construit une brillante carrière. De son côté, Vitali, l’artiste sculpteur, connait lui aussi le succès et les ores de la république socialiste friande de figures héroïques taillées dans le béton. Le point commun, des Abalakov, outre la fraternité, c’est l’alpinisme, dans lequel ils excellent tous deux et à deux, dans un premier temps, le pic Staline pour trophée. Mais c’est sans compter sur la dictature et l’oeil omniprésent du NKVD, la police politique, ancêtre du KGB. Eminents émissaires du socialisme, symboles de sa pertinence et de sa réussite, les deux conquérants, comme le régime soviétique les encense, ne seront pas épargnés par les grandes purges et le « cannibalisme » du régime qui se coupe lui-même de ses éléments les plus brillants pour assurer l’exclusivité du pouvoir à quelques uns seulement. S’en suit un récit kafkaïen qui emmène le lecteur des pistes du Caucase jusqu’aux sommets des Tien-Shan (les mont Célestes du Kighizistan) en revenant, systématiquement, dramatiquement, aux rues mornes et surveillées de Moscou. (…)

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