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Immanquables depuis Grenoble et ses alentours, les tours des Trois Pucelles hérissent la bordure orientale du Vercors, à flanc de Moucherotte. Sous ce nom virginal, se cache un site d’escalade parcouru depuis longtemps, dont la traversée représente une petite aventure aérienne à deux pas de la cité. En route pour une initiation à l’alpinisme. 

Lepuis Grenoble, c’est une crête découpée qui indique le couchant. Mais à mesure qu’on s’en approche par la route de Saint-Nizier, les Trois Pucelles se hérissent de plus en plus. En les voyant sous un autre angle, elles deviennent carrément des lames, donjons affutés qui marquent l’entrée dans le Vercors. A quelques encâblures du tremplin de saut à ski, vestige délabré des Jeux Olympiques de 1968, les Trois Pucelles demeurent, calcaire solide et vertical, avant les lignes plus horizontales du plateau vertacomicorien.

Les Trois Pucelles de nuit. © Jocelyn Chavy

Préparation pour la Traversée. © Ulysse Lefebvre

Et même si elles ne culminent qu’à 1456m d’altitude, ne sous estimez pas les Trois Pucelles. Sur ces faces les plus compactes, des lignes d’escalade difficiles existent et taquinent le 8e degré (Passion Pucelles, 8a+ en face est). Quant à la traversée qui nous intéresse, c’est un excellent concentré d’alpinisme à deux pas de Grenoble, étape idéale avant d’aller gravir de plus hauts sommets.

Extrait (modeste et d’un autre temps !) du récit de la première traversée de 1889 par Casimir Guirimand, dans l’Annuaire de la Société des touristes du Dauphiné (STD) de 1891.

beaucoup d’ingrédients très montagnards
parsèment cette course à part entière

La traversée, côtée AD+ (4c max) permet de se tester avant de plus amples sorties en haute montagne. Manip’ de corde, équilibre sur arête, escalade facile mais en grosses chaussures, évolution en corde tendue : beaucoup d’ingrédients très montagnards parsèment cette course à part entière. D’une dent à l’autre, en prenant au plus facile, on évolue sur un belvédère fantastique sur la cuvette grenobloise, le Moucherotte et jusqu’au mont Blanc.

Deux options de parcours sonbt possibles : soit l’aller-retour de la traversée classique, soit le parcours Honneger (du nom du guide de Méaudre qui l’a ouvert) qui permet une boucle en démarrant par une courte descente en face ouest.

Les plus aguerris pourront s’aventurer dans quelques petites variantes pour corser le niveau d’escalade, comme dans la montée à la Grande Pucelle. Et pour prolonger le plaisir de gravir ces tours, on peut ensuite aller grimper dans les autres voies de difficultés très variée (du 4 au 7) de la Dent Gérard, de la Grande Pucelle ou du Couteau. Les topos mentionnés ci-dessous vous donneront tous les détails nécessaires.

Etant donné le durée de parcours relativement courte, on vous conseille enfin d’y aller en fin de journée (en prenant en compte votre aisance dans ce type de terrain) pour observer les dernières lueurs du jour depuis ces tours d’observation de premier choix. 

 

Dans le court rappel pour rejoindre la Grande Pucelle.  © UL

Avec un dénivelé positif modéré (moins de 400m) et une difficulté maximale de 4c, cette traversée est un bel objectif pour les enfants. © JC

Variante un peu plus corsée dans l’ascension de la Grande Pucelle.  © UL

Nom : Traversée des Trois Pucelles

Dénivelé : 350 m

Horaire moyen : 2 à 3h

Accès : de Saint-Nizier, se garer au lieu-dit La roche, terminus de la route, près d’un pylone. Suivre ensuite le sentier pédestre qui mène au Moucherotte (panneau « sous la Dent Gérard ») et rejoindre le pied de la Grande Pucelle appelé la « salle à manger ».

Itinéraire : suivre l’arête facile depuis la « Salle à manger ». A la première brèche, faire un rappel de 10m environ pour ensuite attaquer l’escalade de la Grande Pucelle (4c) et rejoindre un pin en traversée. Relais sur un bloc. Descendre ensuite une rampe (3) puis repartir franchement à gauche. On laisse la première brèche (arrivée du parcours Honneger) pour rejopindre un petit dièdre. le gravir et faire relais. Faire ensuite un rappel d’une quinzaine de mètres pour prendre pied sur la brèche Thorant. Remonter ensuite sur la Dent Gérard via un pas d’escalade (4c) et une petit couloir. Notez que les deux sommets, Dent Gérard et Grande Pucelle sont d’altitude identique (1456m). Vous venez donc de gravir deux points culminants pour le prix d’un !

Matériel : corde de 50m. Chaussures d’approche ou grosses ou chaussons pour les moins à l’aise. Encordement à 10m à corde tendue ou courtes longueurs dans les passages clé.

Niveau : AD+

Topo : Escalade en Vercors, Chartreuse et Dévoluy, Duhaut, Peyre, Gay, Beatrix (Promogrimpe)
Vercors secret, Pascal Sombardier
Les nouvelles escalades faciles, Thierry Margueritat
6a max en Dauphiné, Philippe Brass

Où dormir /manger : Saint-Nizier

Infos : Alpes Isère

Encadrement :

Bureau des Guides Vercors Experience 
Bureau des guides de Grenoble 

© JC

© UL

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